Un bidon de Roundup ne se dose pas au jugé, même pour 5 litres d’eau. Selon la formule vendue, la dilution de l’herbicide bascule vite entre 360 g/L et 720 g/L.
Le bon geste dépend aussi de la météo, du feuillage et de la surface visée. Une erreur de mesure pendant la préparation du pulvérisateur, ou un écart avec le cadre réglementaire français, suffit à réduire l’effet, à salir l’application, parfois à rendre le traitement mal posé.
Vérifier la concentration avant de préparer 5 litres d’eau
Face au bidon, un détail change tout : la concentration réelle notée sur l’emballage. Selon la formulation commerciale, un Roundup peut afficher 7,2 g/L, 360 g/L, 480 g/L ou 500 g/L. La bonne base reste la lecture de l’étiquette, car deux produits proches ne se diluent pas pareil.
- Repérez la concentration exprimée en g/L ou en %
- Vérifiez le nom exact du produit et sa version
- Lisez la dose prévue pour le type de végétation visé
- Contrôlez les mentions d’usage autorisé et les précautions
Pour 5 litres d’eau, le bon calcul repose sur la dose visée et sur la quantité vraiment pulvérisée. La matière active indiquée par litre sert de repère, tandis que le volume de bouillie dépend du pulvérisateur, de la surface et du geste. Un simple écart de concentration peut doubler la dose, ou la réduire de moitié.
Pourquoi le dosage varie d’une formulation de Roundup à l’autre
D’un Roundup à l’autre, la dose ne suit pas une règle unique. Ce décalage vient du taux de concentration affiché, mais pas seulement. Certains bidons mentionnent l’acide glyphosate, d’autres des sels de glyphosate ; les chiffres visibles ne renvoient donc pas exactement au même repère de calcul.
À retenir : un glyphosate à 720 g/L se dose en général à moitié par rapport à un 360 g/L pour un objectif comparable.
Sur le terrain, un produit concentré demande moins de millilitres pour 5 litres d’eau qu’une formule plus diluée. Pour éviter un mélange mal ajusté, fiez-vous à la recommandation du fabricant inscrite sur l’étiquette, car elle tient compte des coformulants, de l’usage prévu et du mode d’application.
Quelle quantité prévoir avec un herbicide glyphosate à 360 g/L
Sur un glyphosate dosé à 360 g/L, les repères diffèrent des anciennes formules plus diluées. Pour 5 litres d’eau, les notices professionnelles indiquent en général 10 à 20 ml contre des herbes annuelles peu développées. Cette plage convient bien aux jeunes adventices, si le feuillage reste sain et en croissance active au moment prévu du passage.
Quand les racines ont déjà stocké des réserves, la dose grimpe plutôt à 30 à 40 ml pour 5 litres, avec un repère polyvalent autour de 50 ml si l’étiquette du fabricant le valide. Dans une solution à 360 g/L, la dose pour les vivaces conduit alors à 18 g de matière active au total, soit 3,6 g/L après dilution dans le pulvérisateur.
Avec un glyphosate à 720 g/L, la dilution change nettement
Avec un produit formulé à 720 g/L, vous utilisez une base deux fois plus concentrée qu’un 360 g/L. Cette double concentration amène à diviser les doses par deux pour garder un niveau voisin de matière active dans 5 litres d’eau. Pour des herbes annuelles, les indications se situent autour de 5 à 10 ml, puis de 15 à 20 ml sur des vivaces déjà établies.
Le bon réflexe reste de lire l’étiquette, car les coformulants modifient parfois l’emploi autorisé. En pratique, la quantité de concentré liée à la réduction des volumes facilite le mélange, mais exige une mesure au millilitre près. Comme repère de dilution, 25 ml pour 5 litres correspondent au standard cité pour un glyphosate professionnel dosé à 720 g/L.
Adapter le mélange au type de végétation visée
Le bon dosage dépend moins du bidon que de la cible visée. Quand les herbes sont jeunes, au stade de croissance tendre, les feuilles boivent mieux la bouillie ; c’est le cas de nombreuses plantes annuelles. À l’inverse, une touffe déjà installée réclame un passage plus appuyé.
- graminées et jeunes pousses : dose basse à moyenne
- pissenlit, plantain, pâquerette : dose intermédiaire
- liseron, chardon, rumex : dose haute
- ronces et broussailles : traitement renforcé, parfois à renouveler
Le liseron, le rumex ou les ronces résistent davantage, car leurs racines profondes alimentent une repousse rapide. Quand la tige se durcit et que la végétation ligneuse gagne du terrain, la dose grimpe vers le haut de l’étiquette. Un jardinier résume bien la situation : plus la plante stocke, plus elle encaisse.
Repères de dosage pour 5 litres d’eau selon les produits
Les doses changent franchement d’un produit à l’autre, car la concentration peut aller d’environ 7,2 g/L à 720 g/L. Pour éviter l’erreur, lisez la notice puis vérifiez l’équivalence en millilitres dans 5 litres d’eau à l’aide d’un comparatif des formulations du commerce, sans confondre concentré et prêt à diluer.
À titre indicatif, un Roundup Pro 360 demande 10 à 20 ml contre des annuelles, puis 30 à 40 ml sur des vivaces ; un 720 g/L descend vers 5 à 10 ml puis 15 à 20 ml. La surface traitée varie avec le débit du pulvérisateur et la finesse du jet.
| Produit | Concentration | Herbes annuelles pour 5 L | Herbes vivaces pour 5 L | Repère utile |
|---|---|---|---|---|
| Roundup Classique | ~7,2 g/L | 100 ml | 150 ml | 100 à 125 m² pour 100 ml selon la notice |
| Roundup Pro 360 | 360 g/L | 10 à 20 ml | 30 à 40 ml | dose à ajuster selon la végétation |
| Glyphosate concentré | 720 g/L | 5 à 10 ml | 15 à 20 ml | dilution nettement plus faible |
Préparer le pulvérisateur sans fausser la mesure
Pour éviter une bouillie trop dosée ou trop légère, versez 2,5 litres d’eau dans la cuve, puis le concentré avant de compléter à 5 litres. Cet ordre de mélange réduit les écarts, surtout avec un produit à 360 g/L ou 720 g/L, où quelques millilitres modifient déjà la dilution.
Le bouchon du flacon reste un repère trompeur, car son volume varie d’une marque à l’autre. Préférez une mesure graduée, une seringue ou un doseur en millilitres pour préparer 5 litres avec grande précision. Terminez par une agitation douce du pulvérisateur, sans secousse brusque, afin d’uniformiser la solution avant l’application et d’éviter une répartition inégale sur les feuilles.
À retenir : un bouchon trompe, car sa contenance change selon le flacon et décale les mesures.
Choisir le bon moment pour traiter sans perdre en absorption
L’efficacité d’un herbicide glyphosate dépend beaucoup de la météo du jour. Visez une température modérée, entre 15 °C et 25 °C, avec un feuillage sec au moment de la pulvérisation. Sous 10 °C, l’absorption ralentit nettement, et sur des plantes stressées par la sécheresse, l’effet devient franchement moins rapide sur la plante.
Le meilleur créneau se situe le matin ou en soirée, quand l’évaporation baisse. Cherchez alors l’absence de pluie pendant au moins 6 heures, parfois 1 à 4 heures pour certaines formulations rapides, avec un vent faible, sous 15 km/h, afin d’éviter la dérive sur les plantes voisines. Gardez ces repères simples en tête avant de traiter.
- Traitez tôt le matin ou après la chaleur la plus forte.
- Reportez l’application si les feuilles restent humides ou couvertes de rosée.
- Écartez les rafales qui projettent le produit hors de la zone visée.
- Attendez 24 heures avant d’arroser la surface pulvérisée.
Ce que la réglementation française autorise encore
Depuis le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs ne peuvent plus acheter ni utiliser de glyphosate en France. Ce changement découle de la loi Labbé et a fermé la vente aux particuliers pour les jardins, balcons, terrasses et plantes d’intérieur de la maison et des vérandas.
Au 1er juillet 2022, l’interdiction a gagné plusieurs espaces collectifs, parmi lesquels les copropriétés, campings et cimetières. Le recours à ces herbicides subsiste dans un usage professionnel, avec un Certiphyto valide et le strict respect de l’étiquette. Même le Roundup Pro 360 a perdu son autorisation, décision confirmée par le Conseil d’État en 2024 après un contentieux suivi de près par les professionnels français.
Depuis le 1er janvier 2019, le glyphosate n’est plus autorisé chez les particuliers en France ; depuis le 1er juillet 2022, la règle s’étend à de nombreux espaces collectifs.
Des alternatives pour désherber sans recourir au glyphosate
Sur une allée, entre des dalles ou près d’un muret, les solutions simples rendent déjà de bons services au jardin. Vous pouvez utiliser l’eau bouillante sur les jeunes pousses, puis compléter par le désherbage mécanique avec binette, couteau désherbeur ou arrachage manuel des racines rebelles restantes.
D’autres pistes existent, avec un résultat parfois bref selon la météo et le stade des adventices. L’acide pélargonique, présent dans plusieurs désherbants de biocontrôle vendus depuis 2019, agit par contact et demande parfois plusieurs passages. Sur les surfaces minérales, le désherbage thermique tient bien sa place. Au potager, un paillage épais freine la repousse et limite le temps passé à arracher les herbes.